Critique cinéma
On peut dire que Spielberg & Amblin sont diablement actifs ces derniers temps et surtout très efficaces. Dernier en date sur les écrans, un Tintin plus vrai que nature et qui bouge, sorti le 21 décembre 2011. Il est presque impossible de critiquer un tel chef d'oeuvre si magnifiquement proche des albums de Hergé au plus petit détail près. C'est vivant, c'est drôle, c'est émouvant, c'est désuet comme un album de Tintin. Il n'est donc pas impensable de confier l'adaptation de Tintin à un non Belge quand c'est Spielberg qui s'y colle. Le début d'une longue série prometteuse (une trilogie normalement). D'ailleurs, de son vivant, Hergé, fan de Steven Spielberg et réciproquement, pensait déjà que seul Spielberg était capable d'une adaptation à la fois fidèle et passionnante.
Une seule chose, sur le plan esthétique, m'a un peu dérangé durant le film sur lequel Peter Jackson - et ses effets spéciaux signés Weta Digital - est aussi intervenu, les têtes sont trop grosses en proportion par rapport au reste du corps (en 2D, je ne l'ai pas vu en 3D ou IMAX 3D), sauf celle de Tintin qui est mieux proportionnée que celle de Haddock par exemple, affublé d'un corps rachitique. Un curieux phénomène d'angle (est-ce dû à la 3D?) qui parfois incite à se concentrer sur cet effet de miroir déformant au détriment du superbe rendu numérique. [Après avoir écrit cela, je suis quand même allé voir si c'était mes yeux mais non, plusieurs blogs parlent de ce phénomène dérangeant...]
Je me réjouis maintenant de le revoir mais en français, pour passer de Thomson & Thompson à Dupont et Dupond histoire de me replonger dans l'enfance... Mais à cause de ce curieux défaut je me demande si les producteurs ne vont pas choper la grosse tête pour la (les) suite(s)... (C'est nul, on est d'accord).
Note IMDb : 7.6/10 (plus de 48'000 votes)
Bande annonce:
Critique film
L'une des grosses surprises de Cannes en 2011 sort en DVD. Surprise, car on ne fait plus beaucoup de films nouvelle vague en France et c'est peut-être mieux ainsi. Dialogues riches mais décousus comme les notes d'un orchestre symphonique moderne, personnages déconstruits, ambiance glaciale, les ingrédients indigestes d'un film élitiste sont réunis pour un sujet tout aussi élitiste.
J'ai aimé la prestation extraordinaire d'Olivier Gourmet qui tient le film à lui tout seul. Il est évident que le César devait lui revenir cette année mais les pontes non moins élitistes du cinéma français ont d'autres arguments qui nous dépassent, nous simple public. J'ai aimé certaines répliques cultes du scénario. J'ai aimé l'ambiance malsaine du film, même si ce n'est pas forcément ça que veut nous vendre Pierre Schoeller à la base. N'est pas Bertrand Blier qui veut...
Je n'ai pas aimé la découpe abstraite du scénario, sorte de montage cubiste appuyé par de grosses ficelles alors que la trame est délaissée. Si j'ai bien compris, on veut nous vendre le couple Bertrand-Gilles mais Michel Blanc n'arrive à être que Michel Blanc (un César? Really?) et d'autres éléments perturbateurs ne font pas si bien fonctionner ce couple. C'est raté. Finalement je n'ai pas aimé cette vision partisane d'un état rigide aux mains d'énarques fanatiques, un état qui pourrait s'appeler les monologues du pénis, dans lequel les femmes sont reléguées aux rangs de responsable de communication, de ménagère bourgeoise et de syndicaliste fantasmée. Ne manquait plus qu'une péripatéticienne pour boucler le cliché.
Un film qui ne changera pas votre vie et qui déçoit, mais avec une forte présence. Pour ceux qui en ont (Mnistère de l'Homme).
Note AlloCiné: 3.6/5
Bande annonce:
Critique cinéma
L'adolescence est toujours un thème délicat à aborder au cinéma. Il faut saluer la performance quand cet âge lié aux transformations du corps et de la conscience est parfaitement maîtrisé sur grand écran. "Chronicle" est l'histoire de trois adolescents confrontés à un changement particulièrement radical leurs vies: ils acquièrent des super pouvoirs.
Les films de super héros, presque tous tirés de la bande dessinée et principalement signés Marvel, ne se préoccupent guère de la "réalité" des faits, le trait est grossier et on est plongé dans le fantastique qui sied très bien au 7e Art. Ce que "Chronicle" a de dérangeant est cette exploration du mal-être adolescent, un thème rarement ou mal abordé dans le genre.
Malheureusement, le choix de réalisation à la mode consistant à monter des séquences de faux reportages vidéos dessert ici la cause d'un film au scénario assez pauvre. On ne compte plus les films et séries qui martèlent ce choix de réalisation à en devenir franchement lourdingue: "The River" la série, "7 Nights of Darkness" récemment, "The Blair Witch Project" évidemment, etc. "Chronicle" comporte de brillantes idées, des scènes mémorables, des angles de prise de vue et des effets spéciaux magnifiques, mais il lui manque une certaine dose d'émotion.
Les personnages sont à peine construits et la B.O. inexistante pèse comme un âne mort tout au long du film. Le film dure 1h23 et laisse sur sa faim. Rajouter quelques minutes pour mieux construire les personnages n'aurait pas été de trop Messieurs les producteurs. Il y a de l'idée dans ce film. C'est à voir, absolument. C'est le type de film qui peut soit devenir culte et générer des suites et autres copies, soit tomber dans l'oubli de ses erreurs.
Note IMDb: 7.5/10 (près de 20'000 avis)
Note Allociné (presse & spectateurs): 3.5/5 (plus de 1'600 avis)
La bande annonce qui en dit trop:
"The Artist" encore et toujours... Grand vainqueur des 84e Oscars, le film muet est devenu le premier film français à recevoir autant de déclarations d'amour chez l'Oncle Sam. Premier Oscar pour un acteur français et 5 en tout sur 10 nominations, chapeau les artistes. Seul Polanski avait pu obtenir un oscar de meilleur réalisateur pour "The Pianist".
"La dernière folie de Mel Brooks" ou "Silent Movie" n'avait pas eu droit à autant de louanges de la profession après sa sortie en 1976, ni même aujourd'hui, alors qu'il parait que le tout Hollywood adoooore les films muets. J'ai pourtant du mal à imaginer que Langmann et Hazanavicius (qui est paraît-il cinévore) n'aient jamais pensé au film de Mel Brooks. Pas un hommage, pas une référence. Apparemment "The Artist" a inventé le concept 35 ans après "La dernière folie de Mel Brooks".
Les récompenses obtenues aux oscars par Jean Dujardin et Michel Hazanavicius sont méritées et une excellente nouvelle pour le cinéma français. C'est dommage qu'autant de monde - critiques, journalistes et héros des nominations - souffre aujourd'hui de la maladie d'Alzheimer. À croire que ce qui se passe en politique n'est pas si différent de ce qui se passe dans les rouages de la grosse machine du cinéma. Quand j'étais gamin, "La dernière folie de Mel Brooks" m'a beaucoup marqué, surpris et dérangé. Je me rappelle aussi à quel point la profession l'avait boudé alors que son succès en salles était indéniable.
Rappelons dans ce concert de cocoricos amnésiques que "Hugo", mon préféré, raffle aussi 5 récompenses (environ 25 en tout jusque-là), mais dans les domaines techniques: meilleur montage son, meilleur son, meilleure technique, meilleure direction artistique et meilleurs effets spéciaux.
Je voulais simplement rendre un petit hommage à Mel Brooks (et à l'inoubliable Marty Feldman), tout en me réjouissant de la récompense obtenue par Jean Dujardin, qui est un immense acteur comique.
Critique cinéma
Demain dans la nuit du 26 février 2012, s'ouvre la 84e cérémonie des oscars avec, espérons-le, une belle surprise pour le film "Hugo" (Hugo Cabret sur les affiches françaises) de Martin Scorsese. Si un film mérite bien d'être apprécié en 3D c'est ce Hugo qui nous fait voyager dans les rouages des horloges de la Gare Montparnasse de l'après Grande Guerre. Le début de notre décennie voit les films en 3D arriver dans tous les sens sur nos écrans devenus numériques et il est curieux de constater qu'avec cette importante révolution du cinéma (le numérique hein, pas la 3D) viennent des films pour nous rappeler les héros de la conquête des rêves (avec des chienchiens cromeugnons pour enfoncer le clou).
Aux oscars, Hugo (3 chienchiens) se battra principalement face à The Artist (Uggie tout seul). Deux films qui revisitent le cinéma d'antan, avec 11 nominations pour le film de Martin Scorsese contre 10 pour le film de Michel Hazanavicius qui vient de triompher aux césars. Très honnêtement, The Artist est un bon moment de cinéma. Mais rien à voir avec ce petit chef d'oeuvre de complications qu'est Hugo. Un conte inspiré de l'oeuvre de Brian Selznick certes, mais une pure réussite dans tous les domaines. Si j'ai trouvé The Artist un peu léger au niveau du scénario et du jeu d'acteurs, hugo est un enchantement à côté. Le jeune Asa Butterfield est convaincant et émouvant avec ses beaux yeux bleus. Donner un second rôle difficile à Sacha Baron Cohen est du pur génie. Puis, il fallait l'immense Ben Kingsley pour tenir cette troupe de saltimbanques à mi-chemin dans le monde d'Amélie Poulain et dans l'univers steampunk de Caro et Jeunet.
On attribue volontiers l'invention du cinéma aux frères Lumière et à l'année 1895, marquée par deux évènements ferroviaires qui ont imprimé les mémoires durant très longtemps: "L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat" et la photo d'une locomotive traversant la gare Montparnasse que l'on trouve toujours dans les étals à touristes parisiens de nos jours. Ce ne sont là que quelques références parmi tant d'autres dans un film extrêmement riche au niveau de la photo, de l'image, des décors (avec d'impressionnantes affiches), du son et de la musique distillée avec le plus grand soin. 11 nominations amplement méritées aux oscars, en espérant que le film "Hugo" remporte des statuettes à la pelle.
Note IMDb: 8.1/10 (plus de 37'000 votes)
Bande annonce:
Critique de film
"J'ai pas le temps" c'était le thème de Prison Break en VF, mais c'est aussi le problème de Will Salas, alias Justin Timberlake, qui poursuit une carrière cinématographique moyennement convaincante, dans le film écrit, produit et réalisé par Andrew Niccol "In Time". On attendait un peu plus consistant de la part de l'auteur de Gattaca et du Truman Show, qui ne laisse guère de surprise au spectateur entrainé dans une poursuite à la Bonnie & Clyde des temps futurs où les êtres humains sont devenus des moutons accros au temps.
Remplacez les crédits de temps par des dollars et le scénario montre ses faiblesses et ses lacunes à en devenir d'une affligeante banalité. On appréciera l'atmosphère décalée de cette dystopie un peu fade et des acteurs et actrices super sexy, c'est à peu près tout. Le maquillage grossier de la jolie poupée Amanda Seyfried, les costumes d'une consternante banalité, les erreurs de montage et la pauvreté des décors n'apportent pas beaucoup de soutien à ce futur dénué de gadgets technologiques qui pourrait être un futur imaginé dans les années 1960.
C'est mignon mais certainement une faute spatio-temporelle qui fait qu'on n'accroche jamais vraiment pendant les longues 109 minutes du film. J'ai du louper un truc car le succès de "In Time" au box-office (149 millions $ de recettes pour 40 millions $ de budget) est là pour me faire mentir et vous inciter à tenter l'expérience...
Note IMDb: 6.5/10 pour près de 65 000 avis !
Tomatometer: 37% (150 avis) - Audience: 52%
Bande annonce :
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