Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Cyril Fussy

Alors que toutes les sonnettes d'alarme ont été tirées dès les premiers jours de la catastrophe de Fukushima, la situation à la centrale nucléaire, trois semaines après le terrible séisme qui a ravagé le pays, devient hors de contrôle.

 

Le PDG de TEPCO est introuvable depuis le 13 mars... disparu...

 

Quand on s'aperçoit jour après jour des irrégularités qui ont précédé années après années ce qui se produit là-bas, on se doute bien que cette attitude colle parfaitement à l'ambiance. Celle de l'industrie nucléaire qui vous hypnotise en répétant doucement: "faites-nous confiansssssssss!..."

 

Le Guardian rapportait aujourd'hui, qu'après le pire, le pire est à craindre: la fusion d'au moins l'un des quatre coeurs hors de contrôle à Fukushima. Le combustible du réacteur No 2 a très probablement fondu à travers son enceinte. Très probablement en langage nucléaire signifie "mais comment voulez-vous qu'on le sache et de toutes façons on ne peut rien faire"...

 

Continuer à refroidir le coeur signifie donc disperser de l'eau fortement radioactive. Polluer l'air ou polluer le sol et l'océan, telle est la question maintenant.

 

Par ailleurs, les relevés de radioactivité sur place montrent que la contamination au césium 137 à plus de 30 km de Fukushima est déjà supérieure à celle causée par l'accident de Tchernobyl. Les régions au nord nord-ouest de Fukushima sont particulièrement exposées et régulièrement à des niveaux anormaux depuis le 18 mars 2011. Ce qui est très rassurant c'est que personne ne semble s'accorder sur les effets à court ou moyen terme de ces expositions aux polluants radioactifs. La demie-vie du césium 137 étant de 30 ans voilà l'ordre de grandeur dans le temps de la zone contaminée, une zone probablement supérieure à celle qui entoure Tchernobyl encore 25 ans après.

 

Dans ce contexte, la meilleure réponse des gouvernements semble de penser à relever les niveaux acceptables de radiations considérés comme sans danger pour l'homme. Ecoeurant. Surtout que la communauté scientifique s'accorderait plutôt à dire que l'exposition répétée (surtout par ingestion) à des niveaux peu élevés mais anormaux de radiations augmenteraient beaucoup plus la mortalité qu'on ne l'avait pensé jusqu'alors. Ceci après les observations données par Tchernobyl. Les scientifiques semblent avoir beaucoup observé depuis Tchernobyl, quand l'industrie nucléaire avait le vent en poupe et laissait croire qu'elle maîtrisait parfaitement l'atome. Elle a surtout beaucoup caché au public.

 

En 1959, une centrale nucléaire a connu la fonte d'un tiers de ses réacteurs à seulement 50 km de Los Angeles... Le gouvernement et l'industrie nucléaire ont réussi main dans la main à tenir l'accident secret durant 50 ans afin de ne pas entraver les programmes nucléaires américains...

 

Attendent-ils de nouvelles données post-Fukushima pour en savoir plus sur les effets nocifs des radiations? Besoin de nouveaux cobayes? Et nous? Allons-nous attendre sereinement au son des berceuses du nucléaire que la mort lente nous gagne ou serait-il temps de changer d'ère? D'abandonner le nucléaire.

 

Commenter cet article