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Publié par Cyril Fussy

Vendredi 11 mars 2011 le Japon lutte contre les conséquences du séisme le plus violent de son histoire, mais le plus grave danger pourrait être nucléaire.

Le Japon compte 55 réacteurs nucléaires en fonctionnement sur 17 sites. Au total, cinq centrales comprenant onze réacteurs ont été affectées par le séisme sur la côte orientale de l'île d'Honshu : Fukushima Daiichi (6 réacteurs), Fukushima Daini (4 réacteurs), Onagawa, Tokai et Higashidori. 

"La centrale nucléaire de Fukushima s'est automatiquement arrêtée lors du séisme. Les habitants des environs ont été évacués par précaution dans un rayon de 3 kilomètres. Elles [les centrales nucléaires] ont bien résisté au séisme"... pouvait-on lire dans Le Figaro quelques heures après le tremblement de terre de magnitude 9 (aux dernières nouvelles) qui a frappé le centre du Japon le 11 mars 2011. Quelle assurance ! Et quel mensonge, car 3 des 6 réacteurs se sont arrêtés en fait...


http://images.zeit.de/wissen/2011-03/tepco-fukushima-daiichi/tepco-fukushima-daiichi-540x304.jpg


Malheureusement, quelques heures plus tard, l'on apprend par agences de presse que la radioactivité est déjà mille fois supérieure à la normale aux abords de la centrale de Fukushima Daiichi, à 260 km de Tokyo et l'une des 5 centrales nucléaires de la région à avoir subi le séisme de plein fouet. A Tchernobyl, la trentaine de morts directement exposés au réacteur en fusion avait reçu une dose de radioactivité 3000 fois supérieure à la dose maximale préconisée en quelques secondes. On n'est pas loin des mêmes valeurs.

Après avoir réalisé un périmètre d'évacuation nettement insuffisant de 3 km (où résidaient 2'000 puis après 3'000 personnes, admirez l'augmentation de la cote de prudence), c'est un périmètre de 10 km qui a ensuite été mis en place à Fukushima dans l'urgence. Et dire qu'une commission de sécurité a été nommée pour rassurer la population... Une farce ! Pour rappel, c'est une zone d'exclusion de 4000 km² qui a finalement dû être mise en place après la catastrophe de Tchernobyl, soit un rayon de 30 km (pas 3 km comme les autorités japonaises préconisaient en premier lieu à Fukushima) encore aujourd'hui interdit de toute habitation... Quand il était déjà trop tard. C'est donc une zone d'évacuation de 30 km qu'il aurait fallu mettre immédiatement en place après un tel séisme !

"Japon: Une petite fuite nucléaire possible dans une centrale de Fukushima", titrait une dépêche AFP en fin de journée de ce vendredi 11 mars 2011 ! "Le tremblement de terre de la cote Est du Japon est à l'origine d'une situation catastrophique à la centrale nucléaire de Fukushima"lit-on 4 heures plus tard ! Et la pression monte encore dans les coeurs...

C'est toujours pareil avec le nucléaire: mais non y'a pas de problème... On maîtrise. Jusqu'à ce qu'apparaisse le problème et là il est trop tard.


 

 

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est, avec ses 6 réacteurs de type REB - eau bouillante - construits entre 1970 et 1979 (1977 pour Tchernobyl que l'on a qualifiée de dépassée...), l'une des plus grandes au monde. La puissance des réacteurs varie de 439 Mw à 1067 Mw. Même si l'on veut nous faire croire que tout est sous contrôle, de tels réacteurs ne s'arrêtent pas come un train en gare, mais plutôt comme un TGV à pleine vitesse et pour autant que les freins fonctionnent. Et durant ce temps d'arrêt le refroidissement des réacteurs est une phase critique. Les premiers rapports font état de problèmes de refroidissement d'un des six réacteurs à Fukushima, une situation entraînant la fuite de combustible nucléaire. Puis il apparaît dans d'autres sources que 3 réacteurs ont connu des problèmes de refroidissement...

On saura précisément bien après ce qui aura pu causer la fuite de combustible nucléaire à Fukushima et quelles en seront les conséquences, bien trop tard bien sûr. Si le nucléaire était si bien maîtrisé par l'homme sur une planète en constant mouvement, les informations parviendraient bien plus rapidement au public. Il faut moins de temps à un nuage radioactif pour affecter des milliers de personnes qu'à un gouvernement pour ordonner leur protection.

Three Mile Island, Tchernobyl, l'humanité a décidément du mal à apprendre de ses erreurs. C'est toujours autant le silence autour du nucléaire. Surtout ne pas affoler les populations, c'est le premier réflexe.

Comment aujourd'hui se contenter d'un "on peut espérer que c'est sous contrôle" ?

Les détracteurs du nucléaire ont toujours mis en avant qu'il était criminel de croire que l'on peut maîtriser les conséquences d'un séisme de cette puissance. On sait que la terre tremble. On sait que les centrales nucléaires n'y résistent pas. On sait que les conséquences sont des fuites radioactives impossibles à contenir ! Les organisations non gouvernementales quantifient de 600'000 à 900'000 le nombre de décès indirects à imputer à l'accident de Tchernobyl survenu il y a 25 ans. Le Japon est un des pays les plus nucléarisés au monde avec la France. Pourtant, les scientifiques s'accordent à dire que des tremblements de terre de cette ampleur ne sont pas inhabituels au Japon. Le tremblement de terre de magnitude 9 au Japon était 8'000 fois plus puissant que celui survenu en Nouvelle-Zélande le mois dernier, d'une puissance de 6.3 sur l'échelle ouverte (et exponentielle) de Richter. Ce-dernier a causé 148 morts, 2'500 blessés et 8 milliards d'euros de dégats. Il faudra 10 ans pour reconstruire la ville de Christchurch.

Stop au nucléaire !

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Eric G. Delfosse 12/03/2011 11:05



Est-ce que l'empereur du Japon aura la même puissance que l'empereur de France quand il a réussi à arrêter le nuage radioactif de Tchernobyl ?