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Publié par Cyril Fussy

Ce mardi 15 mars 2011 le monde se réveille devant la pire catastrophe nucléaire de l'histoire de l'homme consécutive à l'un des 5 plus violents tremblements de terre que l'humanité ait connu depuis qu'on les mesure.

 

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Durant 4 jours d'angoisse et d'informations contradictoires toutes les filières du nucléaires ont cherché à minimiser le très grave accident. Au Japon, les premiers témoignages de résidents font état d'une population locale résignée (principalement par manque d'information et de par sa culture) et d'étrangers qui commencent à paniquer et à chercher par tous les moyens à quitter le Japon. Leurs ambassades ont déjà fui, comme en a témoigné un Français au Japon sur son blog, les laissant avec des numéros d'urgence injoignables et des détails laconiques sur la situation réelle sans la moindre assistance sur place.

Tous les mensonges de l'industrie sur la maîtrise des centrales nucléaires en cas de séisme majeur se sont révélés au grand jour créant aujourd'hui la panique générale au Japon, un pays brisé. La bourse s'effondre, 700 milliards de capitalisation ont déjà fui le pays qui plonge dans le rouge à tous les niveaux. L'essence est équisitionnée par l'armée. Plusieurs heures de coupures de courant ont lieu depuis 2 jours afin d'économiser l'électricité qui commence à manquer. C'est ça la réalité du nucléaire, l'électricité bon marché et inépuisable que le lobby a cherché à vendre dans le monde entier depuis des années.

Désormais l'AIEA commence à délivrer des informations après avoir gardé un silence malsain sur la situation réelle à Fukushima. Peut-être que l'agence ne disposait pas des informations nécessaires, mais c'est tout de même son boulot à la base! Si la prudence avait primé au Japon, la pays ne serait peut-être pas en panique aujourd'hui. Le monde entier reste suspendu aux derniers développements des réacteurs qui fondent. Que va-t-il advenir de la radioactivité dégagée? Comment va-t-elle se propager? Quels sont les risques et jusqu'à quelle distance? A ces questions les apprentis sorciers du nucléaire n'ont toujours pas la réponse au 4e jour d'une catastrophe nucléaire qui n'en était pas une il y seulement un jour pour l'industrie, les gouvernements et les médias unis main dans la main pour provoquer la panique.

Il y a aujourd'hui deux brèches de 8 mètres de large dans l'enceinte de confinement du réacteur No 4 et de la radioactivité s'échappe. Les évacuations nécessaires au tout début de la crise nucléaire n'ayant pas été réalisées à temps il faut s'attendre à des aéroports engorgés et à des scènes de panique.

Pourquoi avoir attendu?

Dans une déclaration diffusée à la télévision, le Premier ministre Naoto Kan a expliqué que la population vivant dans un rayon de 30km autour de la centrale devait rester chez elle afin d'éviter toute exposition aux radiations.

Faut-il rappeler que ce périmètre d'exclusion de 30 km est celui de Tchernobyl? Aujourd'hui, 140'000 personnes se trouvent menacées dans une situation de type Tchernobyl. Contrairement à ce qui avait été affirmé. Ce périmètre aurait dû être immédiatement imposé.

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madwolf 15/03/2011 16:09



Disons qu'il reste, à mon niveau d'information, des inconnues sur les moyens alternatifs :


Charbon : à exclure (CO2). Solaire : Thermique et photovoltaïque. Valable en ponctuel (retour d'expérience de la centrale thétis en France). Il reste des inconnues sur la durée de vie et le
recyclage des composants. Investissement en France en cours à coup de milliards d'Euros. Géothermie : Efficace mais plutôt ponctuel (le quartier où j'habite est chauffé par cette technologie).
Hydraulique : marée-moteur ou fluvial. L'espace en France devient rare. Eolien : Terrien ou Maritime. Terrien : non respect des distances de sécurité (le jour où une pale va se détacher et voler,
ça va couiner chez les riverains). Rendement de 40% dans le golfe, 20% en moyenne en France et besoin de batteries pour stockage. Maritime : Coût 3 fois plus élévé, 5 sites de production ont été
validés au large des cotes francaises. Le Danemark arrive à saturation en Eolien. La solution sera probablement un mixe de tout cela.


Je rejoins ton avis : La première urgence est l'économie d'énergie et la décroissance.



Cyril Fussy 15/03/2011 16:29



Décroissance, économies et plusieurs sources d'énergie en fonction des reliefs et de la nature tout simplement; une seule source d'énergie bon marché et inépuisable comme on a voulu le faire
croire avec le nucléaire c'est tout simplement un mythe, c'est irréalisable ou au prix de ce qui se passe actuellement dans l'état actuel de nos connaissances dans le domaine (en attendant la
fusion par exemple).


Mais il y a plein d'autres pistes...


L'Ecosse a misé sur des essais en mer de "serpents" marémoteurs, l'Australie est très avancée dans la recherche de panneaux photovoltaïques plus efficaces, etc. On découvre plein de trucs chaque
jour dans le durable mais il n'y a pas de force politique suffisante pour faire avancer la machine, les gens sont sceptiques parce qu'ils ne sont pas informés par les grands médias, voire
carrément trompés.


L'Espagne est très avancée en photovoltaïque mais a cru aux sirènes du nucléaire aussi et a donc récemment fait un pas en arrière. Les pays du Maghreb sont des terrains très fertiles au
photovoltaïque, ils pourraient en exporter de l'électricité avec de bons investissements, et l'éolien ne s'installe pas seulement sur le littoral, les hauts reliefs de France seraient très
propices à l'éolien, etc.


Dans le durable les pistes sont innombrables et aussi inépuisables que le sont les ressources telles que le vent ou le soleil. Il a aussi été prouvé que c'est un secteur qui embaucherait 4 fois
plus que le nucléaire s'il était mieux exploré.


Les coûts élevés des installations éolienne ça me fait doucement rire devant les gouffres financiers que sont les centrales nucléaires et le prix exhorbitant de l'électricité en France. rien que
pour les centrales de Flamanville et celle de inlande EDF en est à 11 milliards d'euros de facture! A répercuter sur le consommateur bien sûr...



madwolf 15/03/2011 15:44



Seuls deux des 6 réacteurs émettent de la radioactivité non contrôlée. L'étanchéité de leur enceinte sont altérées mais les cuves n'ont pas encore fondu (et j'espère que cela n'arrive pas).


Cette réponse est très bien. Je suis en phase sur l'option de décroissance et l'ordre de grandeur du délai de remplacement. Espérons un débat factuel pour que cela se mettent en place. 


Cldt



Cyril Fussy 15/03/2011 15:48



(Deux réacteurs en état de fusion partiel, ce n'est pas anodin et ça aura des conséquences.)


Espérons, mais je n'y crois pas, la France a tout misé sur le nucléaire et rien ou presque sur les énergies du futur. Le débat sera houleux, les enjeux sont bien trop important pour que le lobby
du nucléaire lâche facilement le morceau.



madwolf 15/03/2011 15:01



Bonjour.

Article plein de bon sens.


je propsoe deux nuances :
Même sans l'accident nuclaire, le Japon serait un pays brisé à ce jour, comme il l'était au lendemain du seisme de Kobé, pourtant moins violent. Sans être devin, le japon sera a nouveau brisé
dans le futur, lors du prévisible tremblement de terre qui aura lieu à la conjonction des plaques au large de Tokyo.


L'accident nucléaire en cours est dramatique, mais heureusement pas encore au niveau de tchernobyl, en terme de radiations ou d'impact. A Tchernobyl, de la matière fissible s'est retrouvée
projetée lors de l'explosion du réacteur et celui-ci a continué sa combustion à l'air libre. Espérons pour les japonais que la catastrophe ne rejoigne pas celle d'Ukraine au podium des tragédies
du nucléaire.


Quels sont tes propositions pour sortir du nucléaire ? A quel coût ?  A quelle échance ?



Cyril Fussy 15/03/2011 15:18



Non il n'est pas au niveau de Tchernobyl, il est quatre fois plus élevé puisque 4 réacteurs sont touchés...


Ce n'est pas à moi de faire des propositions, elles existent il suffit de se renseigner... Et elles commencent par les options de décroissance.


L'échéance aurait pu être de 25 à 30 ans s'il n'y avait eu une pression du lobby nucléaire mondial pour relancer les programmes, allonger la durée de vie des vieilles centrales et vendre des
centrales à tour de bras dans le monde entier ces dernières années. Aujourd'hui il faudrait au moins 40 ans pour remplacer le nucléaire mondial par des sources d'énergies durables.


Si les milliards du nucléaires étaent investis dans les projets de développement durable et la recherche ça pourrait aller beaucoup plus vite.