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Publié par Cyril Fussy

Les niveaux de radiations à Fukushima jouent au yo-yo suivant les sources. Les officiels japonais se veulent rassurants en prétendant par la voix de l'ASN nippone que les niveaux de radiation ont baissé ces dernières heures à la centrale, sans dire de combien, ni exactement où, ni rien de précis en fait. Les rues de Tokyo, à 250 km, sont étrangement calmes. Les écoles étaient fermées aujourd'hui, les travailleurs autorisés à rentrer chez eux.

 

Plusieurs nations, dont les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ont conseillé à leurs ressortissants de partir ou de s'éloigner à plus de 80 km de la capitale vers le nord.

 

Le site de l'AIEA prétend publier des informations (rappelons que la mission confiée en 1959 par l'OMS à cet organisme était "d’encourager, d’assister et de coordonner les recherches sur le développement et les applications pratiques dans le domaine des utilisations pacifiques de l’énergie atomique", donc pas de nous protéger de cette industrie dangereuse mais de la promouvoir), mais il n'y a aucune info de disponible concernant le combustible usagé du réacteur No 4 aujourd'hui (température ou niveau d'eau) qui n'est apparemment plus refroidi. Il est admis que la piscine s'est asséchée  (faute de pouvoir la remplir car toutes les tentatives ont échoué) et que le combustible usagé risque d'exploser (scénario Tchernobyl) faute de refroidissement suffisant. Sur place, les sacrifiés de Fukushima luttent pour empêcher trois autres réacteurs d'élever la température de leur bassin de refroidissement au point critique d'ébullition. 

 



 

En bref, les niveaux de radiations risquent de rapidement prendre l'ascenseur ces prochaines heures sans que personne ne parle encore précisément des conséquences. Les premières mesures d'élévation de la radioactivité ont été relevées à Vladivostok en Russie (à 800 km au nord): 14 microroentgens par heure (la Russie dit qu'il n'y a rien à craindre jusqu'à 30 microroentgens mR/h - par heure, mais la population n'a pas vraiment envie de croire les officiels) contre 12 la veille.

 

Un journaliste américain (de Voice of America) est resté à 70 km de Fukushima d'où il tweete. Steve Herman (@W7VOA), 52 ans, est l’un des derniers journalistes étrangers encore présents près de la centrale de Fukushima. Aux dernières nouvelles, il indique que la télévision japonaise NHK affiche à l'écran les niveaux de radiations pour différentes villes et qu'un hélicoptère survole Fukushima pour des relevés. Toutes dernières infos (le 17 mars à 02h00): des hélicoptères larguent de l'eau sur le réacteur No 3 pour tenter de le refroidir... (Précisions 02h15: sur les réacteurs 3 et 4, au moins 4 largages de 7500 litres d'eau de mer ont eu lieu).

 

Pour finir, disons que les informations parcellaires qui circulent sur la situation à Fukushima laissent craindre le pire. Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, combien en faudra-t-il encore? 

 


 

Rappelez-vous, il y a 5 jours il était hautement improbable qu'un accident nucléaire se produisait à Fukushima...

 

 

Il faudra retenir que l'industrie nucléaire, avec son applomb légendaire et sa façon de balayer d'un revers de main ce qu'elle appelle du "catastrophisme" et qui n'est que de l'inquiétude légitime, ne savait rien, ne sait rien et ne sait toujours pas ce qu'il va se passer... Elle aura tenté de sauver la face pendant 5 jours avant d'en arriver à prier. Plus tard, il faudra compter les victimes, les cancers et évaluer les conséquences sur l'environnement, sur la faune et la flore marine, sur les sols, les nappes phréatiques, etc. Allez, faisons comme nos gouvernements et "manifestons notre solidarité". Ou optons pour un autre choix.

L'industrie nucléaire affirme qu'elle n'a pas de rivaux sérieux – cependant ces concurrents ont déjà surpassé la capacité de production du nucléaire dans le monde entier et ont une croissance largement plus rapide. Ce constat était fait en 2008.

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