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Publié par Cyril Fussy

Voici Thomas Quinn, le brillant inventeur d'un système pourtant tout simple qui a déjà fait la fortune de Nintendo: la Wiimote. L'inventeur est désormais actif dans le domaine de la production d'énergie au niveau personnel, ayant inventé le MicroFueler qui commence déjà à déplaire fortement aux grandes compagnies pétrolières qui vont bien sûr tout faire pour vous prouver que ça ne marchera pas.

 

 

Il y a deux ou trois bémols à retirer avec des pincettes dans le discour de Thomas Quinn, qui est ici représenté en VRP de son invention... Bien entendu, les seules sources d'énergie renouvelables qui seront toujours présentes sur la planète incluent aussi le soleil, le vent, les marées, etc. en plus de nos déchets, premier bémol mais pas bien grave. Puis, citer le Brésil en modèle de développement durable parce que le gigantesque pays a eu l'idée de sacrifier la forêt amazonienne au profit des biocarburants peut être qualifié de très délicat. Mais là non plus, pas bien grave: car Thomas Quinn vante, certes un peu maladroitement, les biocarburants (ou agrocarburants) issus de déchets et non de cultures extensives. Et là réside tout l'intérêt du MicroFueller, qui s'apparente plus à la DeLorean de Doc dans "Retour vers le Futur" qu'à une abominable machine à déforester la planète comme seules les compagnies pétrolières sont capables d'inventer.

 

Enfin, un dernier bémol en forme d'inquiétude... Le modèle économique de Thomas Quinn semble être celui d'Apple, qui a une furieuse tendance à engranger d'énormes profits grâce à des produits vendus avec des marges astronomiques et pas forcément accessibles à tous... Mais l'avenir nous dira si le MicroFueler ne se destinera qu'aux familles aisées...

 

L'ex gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger avait appuyé l'an dernier, durant une conférence de presse, le projet de Thomas Quinn alors CEO de la société EFuel.

 

 

Oui vous avez bien entendu, cette petite machine de production de bioéthanol est capable de fournir plus de 150 litres (40 gallons) de carburant par jour à chaque foyer, largement de quoi remplir les réservoirs de deux voitures par foyer. Et de nombreux états ont déjà exprimé leur intérêt dans l'achat de ces stations de production de biocarburant personnelles. L'enjeu? Il est énorme: que personne ne décide à votre place le trou creusé dans votre budget mobilité, qu'aucun producteur d'énergie sur la planète ni aucun spéculateur boursicoteur ne vous tienne en otage parce que vous avez ce besoin vital d'emmener vos enfants à l'école efficacement et d'aller travailler pas forcément à côté de votre lieu de résidence.

 

http://www.gazeo.pl/img/027a9e07_large.jpg

 

La station de production d'éthanol 100 se nourrit de toutes substances riches en sucres et en composés fermentables, voire même d'alcool ou d'algues. Les déchets de papier et de bois peuvent ainsi être transformés en eau sucrée dont le MicroFueler a besoin pour produire de l'éthanol. Le processus de distillation ne rejette que de l'eau distillée. Voici grosso modo comment ça marche:

 

 

L'investissement est pour l'instant proposé à un niveau relativement abordable, compte tenu du fait que l'état ne semble encore décidé à taxer ces installations. Il faut rappeler qu'en France la TIPP représente de 60% à 80% du prix de l'essence à la pompe...

 

Le MicroFueler est vendu dans les 10 000 dollars pièce (plus un abaonnement de maintenance d'une centaine de dollars par année) avec un rabais exceptionnel de 5 000 dollars, ce qui est un investissement plutôt minime quand on analyse les nombreux avantages d'un tel système. La pompe peut être alimentée par le réseau de l'entreprise ou par vos propres déchets organiques. Dans ce dernier cas, une taxe de 0.25$ par gallon (soit 0.53$ par litre) est appliquée par le fabricant. Au bout du compte et après remboursement de l'investissement consenti, l'utilisateur payera nettement moins son litre de biocarburant qu'à la pompe.

 

La société propose également un groupe électrogène fonctionnant au bioéthanol produit par le MicroFueler.

 

Qu'en est-il du bilan carbone? Source de nombreux débats houleux, le bilan carbone des agrocarburants est généralement considéré comme nul dans le sens où les rejets de CO2 correspondent plus ou moins aux absorptions dues au processus de chlorophylisation. Ce qui n'a bien sûr aucun sens dans le cas de production de biocarburants après déforestation intensive... Mais le débat reste ouvert. Et dans le cas de cette petite machine, elle permet d'espérer qu'un jour il ne sera plus rentable de détruire la forêt primaire pour produire massivement des biocarburants. Si l'on veut miser sur les biocarburants, il est important de se concentrer sur l'emploi de déchets organiques.

 

Les énergies de demain ne pourront être qu'une collection de différents systèmes durables et le MicroFueler pourrait en faire partie sans pour autant gommer toutes les autres solutions vertes pour remplacer pétrole et charbon.

 

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