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Publié par Cyril Fussy

Cinq mois après ce que la presse qualifiait d'incident nucléaire à Fukushima, Ursula Gauthier a réuni pour Le Nouvel Obs une synthèse de témoignages des habitants touchés par la catstrophe nucléaire. Que les détracteurs se rassurent, un tsunami ou un tremblement de terre on s'en remet, la reconstruction est possible. A Fukushima et dans un rayon de 70 km, voire plus, aucune reconstruction n'est possible, parce qu'il y avait là une centrale nucléaire dangereuse. Et ce n'est pas la seule au monde. Comme Tchernobyl n'était pas le seul "incident" qui devait statistiquement arriver en 100'000 ans.

 

http://img.maxisciences.com/catastrophe-nucl%e9aire-au-japon/la-centrale-accidentee-de-fukushima-au-japon_32612_w250.jpg

 

"Les révoltés de Fukushima" devrait s'intituler "Les révoltés" tout court, parce que ce genre de scénario catastrophe pend au nez de toutes les régions cernant une centrale nucléaire. Les Etats-Unis, par exemple, tremblent devant Irene qui n'est qu'un signe avant-coureur des ravages que pourraient occasionner un cyclone sur une centrale nucléaire de la Côte Est. Une semaine plus tôt, la terre a tremblé en Virginie, ce que personne n'avait pu prévoir. 

 

L'Ukraine était quasiment traitée de pays sous-développé lors de "l'incident" de Tchernobyl mais aujourd'hui on cherche encore des excuses à un pays aussi développé que le Japon pour se voiler la face devant les dangers du nucléaire. Un gouvernement autocrate mené par Naoto Kan qui a voulu micro-gérer la situation. Très pratique pour gommer le vrai problème. Parce qu'en France, par exemple, l'industrie nucléaire main dans la main avec la presse et les autorités serait magiquement transparente en cas de pareille catastrophe? Une troïka qui vous cache tout incident nucléaire, tout problème minier lié à l'exploitation de l'uranium, tout enfouissement illégal de déchets ou toute fuite.

 

Bien sûr, aujourd'hui plus personne n'en a rien à cirer des révoltés de Fukushima, le feuilleton catastrophe s'est arrêté dans la presse, qui est repassée aux chiens écrasés et aux fausses victimes de viol. Aujourd'hui il devient quasiment impossible de se renseigner sur les valeurs de contamination ou sur l'avancée du confinement des fuites radiactives à Fukushima, comme si tout était sous contrôle, résolu, emballé et pesé. Une seule chose est certaine: toute cette région en a pour au moins trente ans (soit la demie-vie du Césium 137) avant que ne s'organise le tourisme nucléaire tel qu'il existe aujourd'hui à Tchernobyl. Combien de morts? Vous ne le saurez jamais. Ni à Tchernobyl, ni à Fukushima. Dans des domaines comme le nucléaire - il y en a d'autres - la vérité n'arrange personne. Et les victimes, bah de toutes façons la mort nous attend tous au tournant, non?

 

Encore plus cynique? Aujourd'hui une société de réassurance propose une nouvelle couverture (l'article, en anglais, est passionnant puisqu'il parle aussi des fuites de pétrole offshore...) pour les pauvres entreprises forcées d'évacuer après un "incident" nucléaire... Evidemment, le manque d'appareils photos Canon sur le marché est bien plus préoccupant que le sort des plus de 85'000 réfugiés du nucléaire à Fukushima.

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