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Publié par Cyril Fussy

Depuis l'année 2000, Ericsson installe des panneaux solaires pour alimenter des antennes relais de téléphonie. Que des gains pour aucun inconvénient, étrangement personne ne s'y intéresse vraiment à l'heure où l'AIE annonce que le réchauffement climatique risque de coûter 10 500 milliards de dollars et 500 milliards de dollars supplémentaires par année de retard dans l'exploration de nouvelles sources d'énergie à un horizon proche de la fin du roi pétrole, c'est-à-dire bientôt.

Le problème de l'AIE, l'Agence internationale de l'énergie, est d'être dirigée par un économiste, Fatih Birol. Tant qu'on continuera à compter sur les sources d'énergie fossiles (pétrole, gaz, charbon) sans jamais soutenir les efforts des entreprises dans le développement de solutions durables et non polluantes, on ne verra que des annonces alarmantes dans les journaux.

Essayons donc de parler d'initiatives telles que celle d'Ericsson, qui se trouve des nouveaux marchés dans des berceaux sur lesquels la fée électricité a "oublié" de se pencher. C'est sans grand espoir que les économistes s'y intéresent, mais un jour les grands organismes n'auront pas le choix. «L'ère du pétrole bon marché est révolue», déclare Fatih Birol. Quel visionnaire!

Maroc Telecom
a été l’un des premiers opérateurs à utiliser un réseau intégrant des sites solaires qui en compte aujourd’hui près de 200 de ce type.

Rachid Chihani, chef de marché chez Ericsson, en charge du Maroc, explique les avantages de cette solution pour l’opérateur : "Le site solaire est un système intégré et autonome, qui permet de mettre en œuvre des opérations à moindre coût dans les zones rurales. Maroc Telecom n’aurait pas été en mesure de concrétiser son expansion d’une autre manière, sans l’apport de l’électricité dans la région. Ce qui bien sûr aurait été beaucoup plus coûteux".

Pour Mohamed Ghanim, en charge de l’Ingénierie Radio et de l’Optimisation des réseaux chez Maroc Telecom, un autre avantage non négligeable est à mentionner : "Les sites solaires sont installés dans des régions isolées, non couvertes par le réseau électrique. Le principal avantage consiste à pouvoir utiliser l’énergie solaire au lieu de générateurs diesel, qui nécessitent du carburant et des ressources pour le transporter. C’est donc une solution extrêmement intéressante d’un point de vue environnemental et économique".

En résumé, grâce aux antennes solaires des régions complètement isolées se trouvent petit à petit connectées par téléphone au reste du monde qui les ignore. Avec l'avènement des Smartphones et des téléphones capables de surfer sur Internet, les populations isolées commencent à avoir accès à l'information. Leur mode de vie s'améliore et elles n'ont pas besoin de pétrole pour cela.

Si vous vous rendez dans la section "Environment" du site internet de l'AIE (IEA en anglais), vous constaterez que les ministres de l'agence s'accordent à dire que le système mondial actuel est insoutenable. La promotion de solutions énergétiques propres devient indispensable, ce que l'AIE et ses ministres de 28 états membres résument par le soutien d'un scénario à 450 parties par million (ppm). Un scénario véritablement "soutenable" serait plutôt celui prôné par l'association 350.org: 350 ppm.

Avec l'échéance prochaine du sommet de Copenhague, on s'aperçoit que les gouvernements ne sont toujours pas prêts à tordre le cou aux mauvaises habitudes, aux profits réalisés dans les énergies fossiles, à ceux du nucléaire, bref que les solutions viables et les initiatives telles que celle d'Ericsson sont toujours considérées comme marginales. Tout simplement parce que nos gouvernements ne savent pas comment déployer des solutions durables selon de nouveaux schémas qui ne passent pas par l'industrie lourde, les lobbys ou l'établissement de réseaux d'influence.

La révolution énergétique ne passera donc pas par les décisions gouvernementales stériles ou mercantiles, mais par la multiplication des initiatives à échelle humaine, telles que celle d'Ericsson. Et elles sont de plus en plus nombreuses, bien loin des négociations boursières.

La vidéo ci-dessous est en français et en anglais. Rien de spectaculaire, pas d'annonce alarmiste, juste quelques populations isolées qui vont avoir le téléphone pour la première fois. On est en 2009. Le 14 février 1876, l'Américain d'origine anglaise Alexander Graham Bell déposait un brevet pour un système de transmission de la voix. C'était il y a 133 ans...

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