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Publié par Cyril Fussy

Le terme "Wanderlust" désigne une soif de voyage, une envie d'explorer le monde. Comme d'autres apports de la langue germanique, tel que "Zeitgeist" par exemple, il a été intégré dans la langue anglaise au siècle dernier. C'est aussi une chanson de Björk la dernière production en salles de Judd Apatow. 

http://media.meltyfashion.fr/article-784122-ajust_900/look-jennifer-aniston-wanderlust-paul.jpg

Pour les fans, ce monsieur a déjà produit, entre autres, Pineapple Express*, Knocked up* ou encore Badass* (je vous passe les titres français, qui me font terriblement honte). Il est assez rare qu'un producteur se hisse au rang de légende vivante dans le monde du cinéma, où l'image de ce travailleur forcené sans qui rien n'arrive subit, fort justement, le jugement permanent de la profession ET du public pour sa soif d'argent, de bénéfices et ce quelque soit le résultat à l'écran pourvu que ça rapporte. 

Judd Apatow réussit le tour de force d'être adulé en tant que producteur pas toujours intéressé aux $, surtout depuis le coup réussi de la récente série "Girls", qui nous plonge avec bonheur depuis 9 épisodes dans le quotidien amoureux de quelques filles d'aujourd'hui. Mais revenons à "Wanderlust", une comédie légère avec Jennifer Aniston et Paul Rudd, deux valeurs sûres (on dit "bankable") du cinéma hollywoodien actuel. Sorti en février dernier aux USA, et le 30 mai dernier en France sous le titre complètement débile "Peace, love et plus si affinités", le film a été réalisé par David Wain, totalement inconnu chez nous, grand dispenseur de séries télé, dont récemment "Childrens Hospital". 

Je soupçonne les très mauvais doublages et le titre honteusement adapté d'avoir pourri le film en francophonie car en v.o.  il reste un très bon divertissement digne d'une production Apatow. Anti-pudibonderie, fumette et la vie facile vue autrement font le beurre de cet acte léger et sans prétention de la vie d'une communauté de hippies modernes qui ne veulent pas être catégorisés ainsi et qui sont d'ailleurs tout à fait capables d'intégrer le système capitaliste comme le dénouement le laissera découvrir aux spectateurs. L'un des dialogues* du film est ainsi parfaitement représentatif de note société: "je vous aime tous mais je m'aime plus encore". On reconnaît bien l'oeil sarcastique et très subtil de Judd Apatow, ainsi qu'une bande son très soignée.

Par contre, le film ayant coûté 35 millions et rapporté seulement la moitié, on peut se demander si le choix de stars hors de prix était judicieux pour ce simple petit moment de détente, alors que le producteur est passé maître dans l'art de lancer des talents inconnus (et nettement moins chers) dans la jungle d'Hollywood.

Vous serez probablement peu nombreux à accrocher ce film, parce que demain vous devrez vous rendre, à une heure qui vous emmerde, dans un boulot qui vous fait chier, pour un salaire qui vous gave, mais vous n'avez pas le choix, parce qu'il faut bien payer votre forfait de box et d'iPhone, vos impôts et les petits rêves de votre conquête. Et c'est tout ce qu'on aime avec Judd Apatow, qui nous offre le plaisir de voir des films que personne d'autre ne voudrait produire, à cause de vous, public. ;-p

Bref j'ai beaucoup aimé, mais il faut le voir en v.o. et epprenez l'anglais rien que pour apprécier les productions de Judd Apatow comme certains ont appris la langue pour aimer Woody Allen, c'est une cullture, un univers, et les doublages sont une déception permanente. Je ne vais pas vous raconter ma vie mais je suis devenu bilingue par amour pour les chansons d'Abba, donc tout est possible...

Sortie DVD: 19 juin 2012.

*culte

Note IMDb: 5.9/10

Tomatometer: 59% (audience: 51%)

Scores Allociné: 2.0/5 (presse) et 2,3/5 (public) pour 65 votes seulement.

Bande annonce:

 

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