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Publié par Cyril Fussy

Critique de film

 

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2011/09/Extremely-Loud-and-Incredibly-Close-poster.jpg

 

D'abord il faut qu'on m'explique un truc. Quand un titre de film est sexy et canon (exemple: "The Grey") les distributeurs français semblent prendre un malin plaisir à le massacrer pour le rendre inattractif au possible, alors que des titres de film nettement plus rébarbatifs ont les faveurs d'une traduction fidèle et pourtant tout aussi pénible (était-ce pour rentrer dans les cases de l'affiche?). Je ne comprends pas et je voterai pour le ou la président(e) qui proposera dans son programme la création d'un Ministère de l'adaptation cinématographique.

 

"Extremely Loud & Incredibly Close" (dont l'affiche française expose la fidèle et tout aussi soporifique traduction: "Extrêmement fort & incroyablement près") déplaiera aux amateurs de films d'action qui pensent que "John Carter" est le film de l'année ainsi qu'à ceux qui accordent trop d'importance aux critiques de films français (on le sent bien mon énervement?*). Le scénario très réussi du film de Stephen Daldry ("Billy Elliott", "The Hours"), qui met en scène Tom Hanks et Sandra Bullock, est construit en respectant magnifiquement bien la structure de la quête, et de l'imaginaire, du petit Oskar Schell sur la piste du mystère qui entoure la disparition de son père durant les attentats du 11 septembre 2001. Une rare délicatesse habille l'ambiance d'un récit livré comme un conte qui nous replonge dans des années, si lointaines en apparence, sans Google, sans Smartphones et autres jeux vidéo. Max Von Sydow et John Goodman apportent, entre autres, un appui appréciable aux deux autres personnages secondaires campés par Tom Hanks et Sandra Bullock (qui livrent tous deux un vrai jeu tout en retenue), car le héros est bien l'excellent Thomas Horn dans le rôle difficile d'Oskar Schell.

 

Le film plaira donc à tous ceux qui pensent qu'au-delà des clichés hollywoodiens il existe encore une enfance qui mérite d'être vécue. Il est vrai que Stephen Daldry possède un talent incomparable pour reproduire à l'écran l'univers très particulier de l'enfance en éveil. Il le prouve une fois de plus avec un film sensible et touchant au suspense habilement réglé à un niveau humain, épaulé par ce génie du scénario qu'est Eric Roth (si je vous dis "Forrest Gump"?). Je n'arrive donc à reprocher à ce film qu'un titre un peu curieux et une certaine lenteur toutefois, mais qui est bien la signature du scénariste comme du réalisateur: une belle rencontre, donc, adaptée d'un roman de Jonathan Safran Froer. Si vous avez lu le livre, ne vous attendez pas à une fresque aussi monumentale, mais à ce qu'on appelle fort justement une ad-ap-ta-tion...

 

En salles (en France) depuis le 29 février 2012 (près de 200'000 entrées).

 

Note IMDb: 6.7/10 (plus de 15'000 avis).

Tomatometer: 47%.

Note AlloCiné: Presse 2,6/5 - Spectateurs 3,6/5 (Les spectateurs sont moins blasés, cqfd).

*Première n'émet qu'une seule critique pour 1 étoile (sur 4) tout comme Les Inrocks... Tandis que les lecteurs de Première (33 avis) donnent 3 étoiles sur 4 au film. Tout comme en politique les élus sont bien éloignés de la vie de leurs électeurs, les critiques sont à même distance de la sensibilité de leurs lecteurs...

 

Bande annonce (VO st FR):

 

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